C’est à Trappes que je me rends afin de rencontrer M. Durand, professeur de mathématiques au collège Youri Gagarine, utilisateur d’un Tableau Numérique Interactif (TNI).
Lors de notre entrevue Bruno Durand se présente à moi et me présente « son » tableau numérique. Lapsus révélateur qu’il corrige tout de suite : « euh…enfin je vous présente le tableau, j’ai tendance à me l’approprier ».
Ce TNI est présent dans l’établissement scolaire depuis avril 2007, Bruno Durand, passionné d’informatique, s’est tout de suite familiarisé avec le logiciel fourni et le tableau et n’a eu aucun mal à s’adapter aux différences qu’il peut y avoir entre un TNI et un simple tableau noir.
Dans sa classe, l’ordinateur portable se trouve à côté du TNI et à droite de ce dernier se trouve un tableau blanc Velléda. Celui-ci sert uniquement de tableau de brouillon : le principal se trouve sur le tableau numérique. Cela permet, en effet de ne rien effacer de la leçon ou de l’exercice mais d’utiliser un autre tableau vierge pour compléter ce qui est projeté par des explications et des exemples.
Quant à la préparation de ses cours, M. Durand m’affirme que cela ne lui demande pas plus de temps qu’auparavant. En effet, avant de posséder un TNI, il se servait déjà de son ordinateur afin de taper ses cours ; ainsi pour lui le temps de préparation n’a pas changé. Il en gagne même un peu puisqu’il n’est plus obligé de tirer ses cours sur du papier transparent pour rétroprojecteur afin de les projeter au tableau.
LE TNI EN ACTION
A la première heure de cours à laquelle j’assiste, ce sont des élèves de quatrième qui sont assis face au TNI. Au programme : les nombres relatifs. A ce propos, l’enseignant projette au tableau la fiche de l’exercice que les élèves avaient à accomplir. Ceux-ci viennent chacun leur tour au tableau pour corriger l’exercice et utilisent le logiciel du TNI avec grande facilité. Bruno Durand m’explique : « les élèves au début se demandaient ce qu’il se passait, il y a eu un certain temps d’adaptation mais ils ont vite compris et ont très vite intégré les différents outils, gomme, stylo, etc. ». Mais quand les élèves récalcitrants, ceux qui n’ont pas vraiment envie d’aller au tableau, disent qu’ils ne savent pas comment fonctionne le stylo électronique, leur professeur répond du tac au tac « comme un stylo normal ! ».
Lors de la deuxième heure de cours, ce sont cette fois des élèves de troisième qui étudient la notion de vecteur. M. Durand va faire plus qu’utiliser le logiciel du TNI : il va se servir d’un petit logiciel Intrumenpochetéléchargeable gratuitement sur l’Internet. Ce dernier permet de construire au stylo électronique des figures de géométrie à l’aide de compas, équerre, rapporteur (etc.) interactifs. Dans ce cours là, aucun élève n’ira au tableau, le professeur m’expliquera par la suite que les manipulations de ce logiciel sont trop compliquées, il faudrait que les élèves bénéficient d’un cours d’informatique afin qu’ils puissent manipuler les outils avec facilité.
LE BILAN
Le TNI possède pour ce professeur de mathématiques un grand nombre d’avantages. Tout d’abord, cela lui permet d’utiliser les outils mathématiques beaucoup plus facilement. Si au lieu du logiciel Instrumenpoche, il avait eu le compas à la craie, l’équerre géante (que l’on utilise sur un tableau noir), il n’aurait pas eu le courage de faire une démonstration sur le tracé de vecteurs. Les manipulations de ces grands outils sont trop contraignantes. De plus, grâce au logiciel du TNI, fini les quadrillages tracés à la main en un clic il peut obtenir un fond d’écran représentant du papier millimétré.
Somme toute, M. Durand est très satisfait de ce nouveau moyen qui permet d’enseigner différemment. Malheureusement, il y a seulement deux TNI dans le collège aussi ses collègues (« jaloux » me dit-il) n’attendent qu’une chose : qu’il soit absent pour pouvoir en bénéficier à leur tour. Encore faut-il qu’il leur laisse les clés de la salle où se trouve « son » tableau !